L'électrolyse au sel ne supprime pas le chlore : elle le fabrique sur place. Bien réglée, elle offre une désinfection constante et peu contraignante. Mal suivie, elle entartre sa cellule, laisse filer le pH et finit par laisser l'eau verdir. Le rôle du pisciniste reste donc central.
Comment ça fonctionne
L'eau légèrement salée traverse une cellule où circule un courant basse tension. Cette électrolyse transforme le chlorure de sodium (le sel) en chlore actif qui désinfecte le bassin. Une fois son chantier accomplie, le chlore se recombine en sel : le cycle se répète, et la consommation de sel reste faible. La production ne se fait toutefois que pompe en marche : la durée de filtration conditionne donc la quantité de chlore produite.
Le bon taux de sel
C'est le premier réglage à vérifier. Il dépend entièrement du modèle d'électrolyseur :
| Type d'appareil | Taux de sel indicatif |
|---|---|
| Électrolyseur classique | 4 à 5 g/l |
| Modèle faible salinité | 1,5 à 3 g/l |
Toujours se référer à la notice du fabricant : sous le seuil, la cellule ne produit plus assez ; au-dessus, on accélère la corrosion des pièces métalliques.
Régler la production
- Taux de production (%) : ajustez-le pour maintenir un chlore libre de 1 à 2 mg/l, mesuré au test, pas au seul affichage de l'appareil.
- Durée de filtration : règle empirique, en heures = température de l'eau ÷ 2. Pas de filtration, pas de chlore.
- Stabilisant : un peu d'acide cyanurique (30–50 mg/l) protège le chlore du soleil et réduit la production nécessaire — sans dépasser les seuils.
Le piège du pH qui monte
La réaction d'électrolyse est alcalinisante : le pH grimpe naturellement. Un pH non corrigé dérive vers 7,8 et plus — le chlore produit perd alors l'essentiel de son efficacité, et l'eau peut entartrer. La solution professionnelle est une régulation pH automatique (pompe doseuse de pH moins) qui maintient la fourchette 7,0–7,4. Tout cela renvoie à l'équilibre de l'eau : une cellule bien réglée ne compense jamais un pH laissé libre.
Entretenir la cellule
| Opération | Fréquence |
|---|---|
| Contrôle visuel du tartre sur les plaques | Chaque passage |
| Détartrage de la cellule | 1 à 3 fois / saison selon dureté |
| Vérification de l'inversion de polarité | En début de saison |
| Remplacement de la cellule | Tous les 4 à 7 ans |
Une eau très calcaire (TH élevé) entartre vite la cellule : c'est l'une des raisons pour lesquelles l'équilibre calco-carbonique compte autant sur une piscine au sel.
Dépannage courant
- Eau qui verdit : l'électrolyse ne rattrape pas une eau verte. Activez la super-chloration ou faites un choc manuel — voir eau verte.
- Production qui chute en début/fin de saison : sous environ 15 °C, beaucoup d'électrolyseurs réduisent ou coupent la production. Prévoyez un relais manuel.
- Cellule entartrée : production en baisse malgré un bon taux de sel → détartrage.
Avantages et limites côté pro
Pour le pisciniste, l'électrolyse réduit la manipulation de produits et lisse la désinfection entre deux passages. En contrepartie, elle ajoute des points de contrôle : taux de sel, pH, état de la cellule, température. Un suivi rigoureux — idéalement tracé bassin par bassin — fait toute la différence entre une installation fiable et une source d'appels SAV.